Pandémie et capacités physiques et cognitives, retour sur le cas des enfants

Dix mille pas et plus. Les confinements liés à la pandémie de Covid-19 ont eu des répercussions sur l’activité physique et le niveau de sédentarité des Français, enfants et adolescents au premier chef. Or, bouger est un facteur de protection de nombreuses maladies chroniques et ses bienfaits sont prouvés sur la santé physique, mentale et sociale des jeunes, sans parler de l’amélioration de certaines cognitive performances et des apprentissages scolaires. A ce sujet, l’agence sanitaire Santé publique France (SPF) a lancé, début septembre, la campagne « Faire bouger les ados, c’est pas évident. Mais les encourager, c’est important. »

Les experts alertent depuis plus de dix ans, avant même la crise sanitaire, sur une situation préoccupante. Selon plusieurs études, huit ados sur dix n’atteignent pas le niveau d’activité physique recommandé. Parallèlement, le temps de sédentarité ne cesse de croître, en raison de l’explosion des temps d’écran. Un cocktail délétère, aggravé par la pandémie.

« Les chiffres sont catastrophiques : les capacités cognitives auraient baissé de 40% en une année », indiquait dans un article du Monde daté du 30 juin 2021, Martine Duclos, cheffe du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand, à la suite des résultats préliminaires d’une étude dont elle a été coordinatrice, menée dans l’Allier de-le Puy- Dôme auprès de 90 enfants de CE1 et de CE2. Ce constat, frappant, avait à l’époque été largement repris dans les médias, et même par des politiques.

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Or, lorsque l’étude a été publiée, le 22 October 2021, dans International Journal Environmental and Public Health, les résultats finaux, s’ils vont dans le même sens, sont quelque peu atténués.

Les capacités physiques ont significativement baissé, confirmant les premières données : la capacité d’endurance (VO)2 max) a chuté de 25% en un an, les capacités motrices (sauter, courir, passer d’un pied à l’autre…) d’environ 20%.

La diminution des capacités cognitive est de 25 % dans la publication, et non plus de 40 % comme annoncé. « Cela reste cliniquement significatif », nous répond aujourd’hui Martine Duclos, égallement présidente du comité scientifique de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité. Par ailleurs, si, dans les données préliminaires, l’IMC avait grimpé de deux à trois points en moyenne, l’augmentation n’est que de un point dans l’étude publiée. Une différence qui, pour la médecin du sport et physiologiste, s’explique par « une forte variabilité ».

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